D.Majiria

D.Majiria est mon deuxième projet sérieux et ma quatrième participation comme chanteur.

Line-up

Il y a eut de nombreux line-up différents dans D.Majiria.

1998-2002

Philippe, JM, Gaëtan et Yannick

2002-2003

Philippe, JM, Gaëtan et Patrice

2003-2004

JM, Gaëtan, Patrice et Bruno

2004-2005

JM, Gaëtan, Patrice et Chris

2005-2007

JM, Gaëtan, Patrice et Phil

2007

JM, Gaëtan, Phil et Oli

2007-2008

JM, Gaëtan, Phil et John

2008-2009

JM, Gaëtan, John et Gilles

2009

JM, Gaëtan, Patrice et Phil

2009-2010

JM, Gaëtan, Phil et Gil


Presse et média

Interview Glucose (octobre 2005)

Propos recueillis par Olivier Warland

OW : Bonjour D.Majiria, pouvez vous vous présenter en quelques mots ?

D.Majiria, c’est un groupe de rock à tendance métal qui existe depuis à peu près sept ans.

OW : D’où provient justement le nom D.Majiria ?

Le nom de D.Majiria, c’est une longue histoire. En fait nous feuilletions un jour un magazine d’Art et nous sommes tombés sur l’histoire assez bizarre d’un chercher, Pierre Goupille, qui a découvert une tombe au Japon et en gros sur la tombe était marqué un « D », comme le « D » que nous utilisons, et trois kanji qui voulaient dire MAJIRIA. En fait le type en question a vécu une histoire de fou. Il a découvert un masque dans cette tombe et il est devenu fou. C’est vraiment une histoire super bizarre…

OW : Depuis votre présence en 1997 sur la scène musicale belge, comment est-ce quelle est votre opinion sur votre évolution jusqu’en 2005 ?

L’évolution du groupe me semble assez positive. On a avancé pas à pas avec un line-up qui a fort évolué en fait. On a fait pas mal de concert un peu partout, tant en Belgique qu’en France. Nous avons fait deux maxi, « Acide.com » et le deuxième portant le nom « Hybride ». Là, on travaille sur notre premier album.

OW : C’est assez remarquable de voir votre longévité. Quelles sont les clefs de succès de ce mariage ?

Il n’y a pas vraiment des clefs. D.Majiria c’est des rencontres. Du line-up original il ne reste plus que deux personnes. Patrice est arrivé il y a trois ans maintenant et Philippe il y a moins de six mois. Cela c’est toujours bien passé avec tout le monde et la vie fait que parfois il y en a certains qui partent. Il n’y a pas vraiment de clefs, cela se fait au feeling. On rencontre des gens, on joue avec eux et on fait la musique qu’on aime …

OW : Vous indiquez que vous travaillez sur un nouvel album. Après Acide.com en 2000 et Hybride en 2004, à quoi peuvent s’attendre les auditeurs ?

Le nouvel album qui se trouve actuellement en production va être radicalement plus abouti. On a passé beaucoup de temps en studio à travailler pour que ce soit parfait. On a vraiment essayé de chercher la perfection tout en essayant de garder une âme à tout cela. Ce sont des morceaux qui sont entre du rock et du métal, donc parfois c’est très dur, à d’autres c’est très mélodique. C’est très contrasté en fait.

OW : Les fans de la première heure ne devraient dès lors être guère surpris …

Cela reste toujours du D.Majiria. Cela reste toujours dans le même esprit. Je crois que les gens seront toutefois surpris, mais pas nécessairement déstabilisés.

OW : Alors concrètement, qu’est-ce qui est différent par rapport à Acide.com et Hybride ?

Sur Acide.com et Hybride on cherchait encore comment nous allions transmettre notre musique ou encore comment faire passer notre musique au public. Pour cet album, je pense que nous avons trouvé, mais laissons découvrir le public.

OW : Vous venez de sortir de studio, comment cela s’est-il passé ?

Au studio, cela c’est très très bien passé. On est tombé sur quelqu’un qui a su être à l’écoute de ce qu’on faisait. Il a su capter l’énergie du groupe et la retransmettre sur bande. C’était pour nous super important. Là nous sommes en plein mixage. Il a donc déjà commencé un travail de production et il fait vraiment un travail impressionnant. On n’est pas resté beaucoup de jours en studio pour la prise de son. Mais ce que nous entendons déjà à présent est très encourageant.

OW : Vous êtes tous originaires de la région liégeoise, pourquoi avoir choisi le Studio Molière de Bruxelles pour l’enregistrement de cet album ? Pourquoi aller si loin ?

On est allé au Studio Molière, car nous avons découvert plusieurs de leur dernières productions, dont notamment celui de Do or Die et on a surtout entendu une démo d’un groupe qui s’appelle Digital Sky. Cette démo avait un son tellement exceptionnel pour une simple démo, que nous n’avons pas hésité longtemps et foncé en quelque sorte tête baissée. Nous avons rencontré Eric Renwart, le contact est très bien passé dès le départ et nous avons su que c’était là qu’il fallait aller.

OW : Quelles sont vos attentes pour ce premier album ?

On aimerait bien qu’il soit distribué en Belgique et en France, parce qu’on fait quand même du rock en français. Donc on pense que le marché français serait intéressant à exploiter pour nous. Et on en espère le plus possible bien entendu.

OW : Vous indiquez une distribution large, êtes vous déjà repris dans un label ?

Nous avons plusieurs contacts et d’une manière générale il sont tous fort sympathiques. Mais la plus part du temps, les labels contactés nous demandent déjà le produit fini, donc cela va aussi dépendre de la fin du mixage.

OW : Avez-vous modifié la manière de travailler sur cet album par rapport au deux premiers EP ?

Pour l’écriture de l’album, cela s’est déroulé comme pour les deux opus précédents, c-à-d ce sont des compos qu’on a fait au fur et à mesure des répétitions de manière pas nécessairement calculée. C’est l’inspiration qui vient sur le moment, donc on crée en fonction de l’inspiration. D’ailleurs, là, nous en avons déjà trois nouvelles compositions depuis que nous avons travaillé sur l’album. Par contre au niveau de la manière de l’enregistrer, là, c’est radicalement différent. C’est vraiment un travail très très pointu et très affiné.

OW : Au niveau des textes, vous nous avez habitué à livrer des textes engagés. Quels sont les thèmes abordés dans ce nouvel album ?

Pour cet album, ce seront des thèmes beaucoup plus personnels. Ce sont des histoires d’individus qui vivent et ressentent des émotions, alors qu’avant pour Acide.com et Hybride on était plus dans la métaphore sociale.

OW : En raison des changements précités, cet album, constitue-t-il un sérieux virage pour D.Majiria ?

C’est un virage complètement important, car c’est là que tout se décide. On mise énormément sur cet album. On veut vraiment que celui-ci nous fasse découvrir. Qu’il nous mette le pied à l’étrier si je peux dire.

OW : Vous indiquez que l’album contiendra des aspects plus rock que vos albums précédents, tout est restant du D.Majiria. Est-ce pour vous une manière de vous ouvrir au public ?

Pas nécessairement. C’est avant tout pour se faire plaisir. Mais on compose avant tout en fonction des réactions qu’on pourrait susciter auprès du public. Qu’elle soit positive ou négative.

OW : Ceci dit, ne risquez-vous pas de prendre à contre-pied les fans de la première heure ?

Il y a un titre qui s’appelle  » Contre-sens « , mais d’une manière générale, je ne pense pas qu’on prendra notre public de base à contre-pied, d’autant qu’un grand nombre des compositions ont déjà été testées sur scène et qu’elles fonctionnent. Nous avons par ailleurs de très bons échos.

OW : L’album est réalisé en autoproduction. Quels sont les obstacles que rencontre un groupe dans ce cadre ?

A peu près tous les obstacles imaginables. Il faut qu’on fasse tout soi-même. Par exemple prendre des contacts. Faire un groupe de rock, c’est 20 % de musique et 80 % d’autres choses. Et toutes ces autres choses peuvent être démotivantes dans la création.

OW : Pour les 80 %, vous vous entourez de personnes ou d’une aide ?

Oui, là, on commence à être aidé. Mais c’est surtout des amis, qui nous aident à démarcher, que ce soit au niveau des concerts, des contacts avec des labels ou d’autres choses, comme par exemple le sponsoring. On en a besoin et on est vraiment soulagé de les avoir.

OW : Vous parlez de sponsoring. Comment est-ce que cela fonctionne pour un groupe ?

Là, en l’occurrence il faut contacter des boîtes. En ce qui nous concerne nous avons été approchés par certaines, mais il n’y a encore rien de précis.

OW : Merci pour cette interview et bonne chance pour la suite …


interview Y’N’R / Plan Party (juin 2005)

Propos recueillis par Roxy HP (Lire l’Interview sur Plan Party)

Présentation pour commencer : Jean-Marc (chanteur), Gaëtan (guitariste), Patrice (batteur), Chris (bassiste).

RHP : Quels sont vos thèmes abordés ?

Ce sont des thèmes différents les uns des autres, mais c’est surtout, les rapports humains, c’est des constats sur la société sans pour autant être moralisateur, des tranches de vie.

RHP : Quel est le style exact de D.Majiria?

Au départ, on faisait du métal, mais plus le temps passe, plus c’est tiré vers le rock très énergique, les musiciens aiment bien dire du stonecore. Stone : renouveau du Rock&Roll et Core : Agressif

RHP : Quels sont vos difficultés ?

Les difficultés sont surtout des questions financières. Il faut de l’argent pour tout. Nous, nous sommes à la fin de l’étape d’amateurs et notre espoir est d’en vivre.

RHP : Tiens, vous pouvez développer sur ce point (pour ceux qui débutent) ?
.
Si un groupe veut perdurer, il lui faut un label, mais les labels sont de plus en plus frileux, on le sait donc la plupart du temps, les groupes auto-produisent leur premier album pour faire leurs preuves. Mais qui dit « auto-produire » dit trouver de l’argent pour financer cet album. Un projet tel implique énormément d’intervenants qui coûtent cher. Si on veut faire les choses bien il faut : un studio avec un ingénieur (pour l’enregistrement et le mixage), un producteur artistique, une pochette, le mastering, le pressage, des photos, de la promo dans les magazines et pour bien faire un clip et des moyens pour le diffuser… Toutes ces étapes coûtent de l’argent, il n’y a rien à faire.

RHP : Quel sont vos meilleurs suvenirs ?
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À Nandrin, l’accueil des organisateurs, on a vraiment été super bien reçu. À Waremme au RETOROCK FEST, nous l’avons fait deux années de suite. Non seulement, on a été bien reçu, mais en plus l’accueil du public est toujours terrible là-bas. Ce sont des champions. Ils se laissent aller, bougent dans tous les sens et apprécient vraiment le concert. Tout le monde est là pour se défouler et ça tombe bien vu que c’est ça le but!

RHP : Quel est votre coup de gueule ?

Les maisons de disques qui confondent « crise de la musique » et « crise du disque » c-à-d, les réponses des majors c’est « on signe plus en belgique à cause de la crise de la MUSIQUE, “Ils font bien sûr référence aux ventes qui baissent etc. (d’après eux à cause du mp3 et des cd gravés). Or c’est une crise du DISQUE et non de la musique… La musique se porte très bien en Belgique car il y a une quantité de talents qui émergent… (Évidemment tout retombe vite comme un mauvais soufflé car le marché est trop petit mais ça c’est un autre problème.) Ce que les majors n’ont pas compris c’est que l’artiste-produit est un concept trop artificiel qui dévalorise le CD en tant que tel. Il ne faut pas s’étonner qu’on ait une génération irrespectueuse vis-à-vis de ces produits puisqu’ils sont «préemballés, consommables, prédigérés». L’esprit fast-food appliqué à la musique. On ne critique pas ce système nécessairement mais ce qu’on critique c’est ces majors qui n’assument pas les conséquences de leurs actes et vont chercher des raisons ailleurs tout en généralisant leur problème à tout le monde. Enfin, il ne faut pas se tracasser pour eux non plus… Ils vont vite se ressaisir et comprendre…

RHP : Juste avant un concert, l’état d’esprit D.Majiria, c’est quoi?
Ça dépend du concert, en général on est serein, on se détend (mais il ne faut pas parler à JM.) On n’est pas là pour se prendre la Tête mais plus pour faire la fête.

RHP : On voit où vous voulez en venir, et pour votre futur?

On arrête les concerts pour préparer l’album. Sauf que nous seront aux FRANCOFOLIES le 21 juillet 05

RHP : Un site Internet?

http://www.dmajiria.com


Présentation Musique à la Française (février 2004)

D. Majiria est né dans la région de Liège en 1997. Ils commencent à se produire sur scène à partir de 1999 un peu partout en Wallonie. En octobre 2000, le groupe sort son premier EP « Acide.com » au Studio Hautregard qui sera suivi d’une promotion sur les ondes de différentes radio francophones. Septembre 2001, D. Majiria se prépare à reprendre le chemin du studio en vue d’un album 12 titres. Un grain de sable viendra toutefois entraver leur projet. Yannick, le batteur, décide de quitter le groupe. En juin, c’est Patrice qui officiera derrière les fûts assurant ainsi toute une série de concerts. D. Majiria vient de faire une première ébauche des morceaux qui figureront sur l’album, téléchargeables sur le site officiel du groupe.

Quand on écoute D. Majiria, on découvre des lignes instrumentales influencées par des groupes comme Machine Head, Korn et Sepultura sur lesquelles se superposent un chanteur qui par son flow et ses textes en français rappelle davantage Lofofora.

Les paroles sont placées de telle façon qu’elles suivent la rythmique du morceaux, avec des intonations accentuant tantôt le premier temps d’une mesure, tantôt tous les temps ou encore les contre-temps. L’ambiance reste toujours menaçante grâce à la sonorité des instruments et au jeux des musiciens. Le tout mis ensemble donne des chansons dont la structure, complexe mais bien maîtrisée, se partage en passages parfois brutaux, plus progressifs ou, principalement en fin de morceaux, carrément hard-core. Bref, D. Majiria est une des rares formations qui sort de la masse des groupes de néo-métal belges. On espère qu’ils grandiront encore pour atteindre le niveau de la riche scène métal française.

Principales prestations scéniques

-14/05/2003 à l’Escalier à Liège
-03/05/2003 au Magasin 4 à Bruxelles
-08/03/2003 au Centre Culturel de Chênée avec Lofofora
-23/06/2001 à la Fiesta du Rock avec Kill II This
-06/04/2001 à La Zone avec Length of Time


Interview Metalize It (Avril 2003)

Propos recueillis par Christophe Luyten pour le « Metalize It » numéro 4 d’avril 2003

Quand on a un nom à coucher dehors, en général, on est très bon et on peut dire que la règle est respectée avec D.Majiria. Originaires de Liège (qui est la plus belle ville du monde car c’est la nôtre!), ils apportent de nouvelles couleurs à un métal qui en a bien besoin.

CL : Pouvez vous m’expliquer en quelques mots comment a commencé D.Majiria?

En 1998, Philippe (basse), JM (chant) et David (guitare) avaient un groupe et voulaient continuer à jouer ensemble. Il a fallut chercher un batteur, puis David est partit. Nous avons cherché un guitariste, ce fut Gaëtan, puis le batteur est parti. Il a fallu trouver un autre batteur et nous avons trouvé Yannick qui est resté dans D.Majiria jusqu’en avril 2002. Depuis juin, notre batteur c’est Patrice. C’est un début assez classique dans le rock… Il y avait tout de même une idée à la base, c’était de faire du rock énervé.

CL : Le terme D.Majiria est assez particulier d’où provient-t-il exactement et que signifie-t-il?

En général, nous fuyons la réponse à cette question ou nous répondons à côté de la plaque parce que nous ne voulons pas donner la vraie signification de « D.Majiria ». Nous avons décidé qu’à partir d’aujourd’hui nous l’expliquerons. Exclusivité, donc, pour le « Metalize It »…

En 1930, au terme d’une longue expédition archéologique au sud du Japon, dans la province de Hokkaïdô, un savant français, du nom de Pierre Goupil, découvrit une tombe qui contenait quatre sarcophages. Sur ces quatre sarcophages, il y avait la même inscription : « Majiria ». Impossible de déterminer l’origine ou l’identité des macchabéés, ce qui les distinguait, c’était l’étrange façon dont ils avaient été placés dans le cercueil. Tous de façons différentes, avec des tenues différentes… Sur chaque macchabée, il y avait un signe tatoué, l’un dans le cou, l’autre sur le ventre, un autre sur le biceps et le dernier la main. Le savant assimila cette forme à un « D » suivit d’un point mais ce n’était pas une lettre vu que les Japonais n’utilisent pas la même écriture que nous (le « majiria » était écrit en japonais). Ces quatre individus auraient été enterrés pendant la période des kofuns (3ème et 4ème siècle). Neuf semaines après sa découverte, Pierre Goupil disparu alors qu’il était dans le tombeau. On le retrouva 3 jours plus tard. Il avait découvert une cache et s’était fait renfermé dedans. Ses cheveux étaient devenus blancs. Il ne disait plus un mot et avait quatre points tatoués sur son front. Dans ses mains, un objet étrange, un masque que personne n’arriva à lui arracher. Dix ans plus tard, Pierre Goupil était toujours dans le même état, interné dans un asile de Paris. Lorsque la guerre éclata et que les Allemands entrèrent dans Paris, le bâtiment fut réquisitionné par l’armée d’occupation. Les infirmiers et le personnel soignant durent aider les soldats du reich à vider les lieux. Quelle ne fut pas leur stupeur de constater que Pierre Goupil avait disparu. On le retrouva cinq ans plus tard, le 30 avril pour être exact, à Berlin avec son masque au QG de l’armée nazi toujours à moitié fou…

Nous avons lu cette histoire dans un magazine d’art où un journaliste expliquait que le masque (qui est maintenant dans un musée) à été analysé au carbone 14 et serait en réalité daté de plus de 8000 avant notre ère… Les scientifiques ont supposé que l’inscription « majiria » fut placée plus tard… En réalité « majiria » en japonais veux dire démon, pour « ma » et lumière pour « jiria »… En japonais la sémantique est différente de la notre et « démon » n’est pas nécessairement négatif. Surtout qu’à l’époque, la religion shinto est en pleine effervescence, c’est la philosophie du yin et du yang. Tout peut être bien ou mal suivant ce que vous en faites… C’est un peu comme les archanges qui combattent le mal, ils ont aussi la force du démon.

CL : Pourquoi avoir choisi de chanter en français ne voulez-vous pas internationaliser votre musique?

Le français est une langue internationale. Elle est parlée dans la plupart des continents (Canada, Afrique du Nord, …) sans compter les pays francophiles où le français est tout aussi bien considéré (si pas plus) que l’anglais comme l’Italie, la Roumanie, le Japon, … En réalité, il n’y a que les pays anglo-saxons qui sont réfractaire au Français. Peut-être par paresse intellectuelle… Nous pensons qu’il n’y a que des avantages dans le chant en français : la possibilité de s’exprimer dans une langue que l’on comprend; le public nous comprend; nous n’estropions pas une autre langue; c’est plus facile pour faire passer des messages car en réalité, le choix d’une langue c’est culturel… Pourquoi dire en anglais ce que nous belge, qui parlons français, vivons dans notre quotidien de belge? Nous ne voulons pas paraître extrémiste mais pour nous c’est plutôt les groupes qui ne chantent pas dans leur langue natale qui son à côté de la plaque… Surtout quand c’est pour dire « à bas l’impérialisme américain… ». Nous ne sommes pas le seul groupe à avoir choisis cette voie et pour les autres ça marche. Alors, pourquoi pas nous? Quand tu écoute « Mass Hysteria », « Lofofora », « Aqme », « Pleymo », « Watcha » et, plus les anciens, « FFF » et « Noir Désir », … Je ne comprend même pas pourquoi on nous pose encore cette question…

CL : A ce propos de quoi parlent vos textes?

En tout cas pas de l’impérialisme américain. En réalité, dans D.Majiria soit on s’en fou, soit on ne veux pas s’exprimer là dessus. Beaucoup de gens imaginent, par exemple, que « Tahiti Bob » est une chanson contre Bush… C’est ridicule car d’abord elle a été écrite à l’époque où Clinton était toujours président et en, réalité, c’est plutôt Milosevic qui a inspiré ce texte… Sa candeur à narguer la communauté internationale était grotesque. C’est clair que certains éléments du texte peuvent être identifiés à Bush car lui aussi est ridicule mais pour d’autres raisons. Plus généralement, nos textes analysent la nature humaine. Camus disait que l’humain est absurde et il a raison. L’humain est con et surtout incohérent. Regarde ce qui se passe pour le moment, il y a une ambiance d’anti-américanisme en Europe. C’est presque devenu une mode genre « T’as vu mon nouveau T-shirt anti Bush! ». En Europe, nous râlons tout le temps mais nous sommes incapables d’apporter une vrai alternative politique à l’Amérique, sauf peut-être les Allemands. Eux, ils critiquent les guerres de pétrole mais roulent au Colza!

CL : L’appellation neo metal fusion est assez originale! Pourquoi ne pas avoir simplement opter pour neo metal , qui correspondrais peut être plus au style de D.Majiria?

Ca c’est un réel mystère. Quand nous avons eu en main les affiches du concert du CP-CR, il y avait cette appellation. Il faudrait demander à celui qui l’a mise, peut-être. En réfléchissant (un peu, pas trop d’effort), ça vient peut-être d’un article de W-Fenec ou il utilise, il nous semble, ce terme. Au final, on aime bien. Après le CP-CR, nous l’avons même refilée à d’autre organisateur quand ils le demandaient … On nous as aussi catalogué dans le FrenshCore et le FrenchMetal, ce qui n’est pas mal non plus… En réalité, tous ces termes techniques, c’est pour les journalistes ou autres acharnés… Une fois à un concert, il y avait dans le publique des trisomiques qui ont flashé sur notre musique. Ils étaient complètement désinhibé, pour eux pas de style de musique, pas de pop, pas de metal, pas de français, d’anglais, … juste des émotions, des mots qui claquent… C’est ça que nous recherchons chez l’auditeur : la spontanéité, nous cherchons à toucher son âme.

CL : Qui est le principal compositeur dans D.Majiria? Comment se déroule la naissance d’un morceaux?

C’est D.Majiria qui compose, une entité à quatre. Nous jouons. Nous improvisons. Nous nous enregistrons. Ensuite, nous dégageons ce qui nous semble intéressant. Puis, nous créons un « concept », genre « Ca c’est une chanson violente », « là dessus le public doit bouger », … Des concepts très basiques. A partir de là, nous savons comment orienter le morceau. Nous dessinons sa structure pas à pas. Nous imaginons comment le public va réagir et nous essayons de l’emmener d’un endroit à un autre avec parfois quelques étapes. Quand la compo est terminée, JM tire de son yaourt des sons, puis écris le texte en essayant de respecter les sonorités de base. Il s’inspire du concept et du titre qui est, en général, choisis dès le début de la création.

CL : Quelles sont vos principales influences?

Il y a des groupes pour lesquels nous avons beaucoup de respect mais nous ne sommes pas sous influences. Du moins pas consciemment, nous sommes certainement influencés par ce que nous écoutons mais ça c’est toujours différent de l’un à l’autre. Nous sommes probablement plus influencés par nos humeurs que par la musique. Bien sur ces humeurs peuvent elle-même être provoquée par la musique mais aussi par le cinéma, la télévision ou les gens qui nous entoure ou que nous rencontrons…

CL : Y a t ils beaucoup de demo? Par quel moyen sont elles disponible?

Nous avons enregistré une démo avant l’EP « Acide.com » mais elle n’a jamais été commercialisée. Par contre « Acide.com », qui est sortit en 2000 est en vente chez Caroline Music. Comme c’est une auto-prod’ et qu’il n’est pas distribué, nous l’avons mis en vente aussi sur Internet sur notre site.

CL : Quelles sont vos projets d’avenir?

Ils sont nombreux. Un album : nous avons commencé à faire des pré-tests en studio en février, une mini tournée en France en mars et des concerts importants comme le FrenshCore avec Lofofora le 8 mars, le BlackJack Festival fin mars, un concert à « La zone » début avril, un en mai au « Magasin 4 » à Bruxelles… Il doit avoir une douzaine de dates bouclée jusqu’en mai!…


Devor-Rock : La scène metal de Liège (juin 2003)

Par John et David

Liège regorge de bons groupes et cela doit se savoir ! Dans ce dossier, nous allons parler des groupes plus « durs », évoluant dans des styles qui n’ont pas souvent le soutien des médias : Metal, Hardcore, Punk, Neo, Death, … Cela n’aurait en effet pas beaucoup d’intérêt de parler de groupes qui passent à longueur de journée sur Radio 21 et qui ont des clips sur MCM ! Bref, en 7 groupes de styles différents, voici un panorama de la scène liégeoise : D.Majiria (Metal/Fusion), Hangin’Out (Skate Punk), Run-Amuck (Hardcore), Set The Tone (Metal), Excavated (Death), Odd (Rock Metal) et Neverlight Horizon (Death). Nous vous proposons une interview de chaque groupe, suivie d’une petite présentation de leur cd (NWM : l’intégral des interview est disponible sur Devor-Rock.be). Bien sûr, il a beaucoup d’autres groupes à Liège, mais malheureusement nous ne pouvons pas tout faire d’un coup et nous avons choisit ceux qui nous semble représenter le mieux leur style de musique.

« Acide.com » constitue un bon mélange entre les parties planantes et d’autres plus agressives. Ce cocktail psychédélique nous fait découvrir une ambiance bien particulière, sortie tout droit d’un Tahiti Bob complètement révolté. Utilisant le français comme moyen le plus directe pour exprimer et faire comprendre leurs idées, D.Majiria ne tombe pas dans le piège des textes en français cliché et fait preuve d’une richesse évidente au niveau lyrique.


Interview Devor-Rock (Février 2003)

Propos recueillis par John et David

J : Comment présenteriez-vous votre groupe à quelqu’un qui ne le connaît pas du tout ?

Bon, tout d’abord, D.Majiria est un groupe de scène. C’est là qu’il faut nous voir pour comprendre notre concept de « bruit organisé ». Ce « bruit » est une réponse au monde. Il nous agresse alors nous lui faisons comprendre. C’est comme un écho. Nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur notre sort donc au lieu de pleurer, nous crions, nous l’engueulons. Nous sommes là pour construire et positiver et pourquoi pas modestement éveiller les consciences… De façon plus technique, D.Majiria existe depuis 1998 et qui a un EP à son actif baptisé « Acide.com ».

J : Quelles sont, selon vous, les influences qui ressortent le plus dans votre musique ? A quels groupes vous compare-t-on souvent ?

La presse nous compare presque chaque fois à « Lofofora ». Ce qui est assez étrange car nous supposons que cette comparaison est due au chant. Or JM ne connaît quasi pas Lofo… C’est peut-être parce qu’ils n’ont entendu de nous que « Acide.com » qui a été enregistré à Hautregard. Il y a aussi « No one is innocent », « Noir Désir », « Chanel Zero », « Tawn », « Tool », « SoundGarden », « Pearl Jam »,…

J : A quels groupes aimeriez-vous être comparés ?

Les comparaisons, nous cherchons surtout à les éviter. Nous espérons proposer une musique originale au spectateur/auditeur. On compose ce que l’on sent et c’est la seule chose qui importe. Evidemment, c’est toujours flatteur d’être comparé à l’un ou l’autre mais nous espérerons avoir notre propre personnalité.

J : Est-ce facile, selon vous, d’être un groupe « Rock » (metal, punk, hardcore,neo,…) en Belgique et plus particulièrement à Liège ?

Oui car nous assumons complètement notre musique. Nous n’avons pas choisi le chemin le plus court vers la gloire et le succès, ça c’est certain. Mais généralement, ceux qui prennent des raccourcis ne font pas long feu. Nous avons connu beaucoup de groupe qui changeaient de style en fonction des modes et des opportunités. Ca ne mène à rien. En plus de perdre leur fierté, leur crédibilité, ils se font manger par le système auquel ils se sont donnés. Attention! Nous n’avons rien contre la loi du marché; elle nous sert mais il faut l’apprivoiser comme un chien et s’en méfier comme d’un serpent.

J : Que pensez-vous de la scène « Rock » liégeoise (groupes, infrastructures, organisations, …)

En ce qui concerne le rock à Liège, les choses commencent à bouger dans le bon sens ! Il y a deux ans, un journaliste nous posait la même question dans une interview. A l’époque, nous étions très isolés. Même si plusieurs groupes oeuvraient à Liège, il n’y avait pas de réelle coordination. Les seuls lieux « prestigieux » étaient « La Zone » et « La Soudstation » (bien qu’excessivement fermé au metal). Depuis, les choses ont changé. Des salles, des organisateurs comme « Live on Stage », la « Section Metal du CP-CR », « Le Phoenix »… des groupes qui commencent à faire parler d’eux (« Odd », « Excavated », « Da Familia », « Hangin’out » et les autres)… et d’autres qui se forment déjà pour assurer, avec brio, la relève (comme « Hydra »)… Tout est une question de concept : Liège est LA cité ardente. C’est ici que ça doit bouger! C’est obligé!

J : Quels sont vos projets pour le futur (CD, concerts,…)?

Ils sont nombreux… Des dates importantes comme le 8 mars avec « Lofofora », le « BlackJack Festival » fin mars, un concert à « La Zone » en avril, au « Magasin 4 » (Bruxelles) en mai… En tout, 12 dates jusque fin mai. De ces concerts, un se fera en Flandres et 4 en France, au mois de mars. Ce seras une « mini tournée » dans le sud, à Montpellier et Nice, entre autre… Enfin, nous sommes allés enregistrer début février quelques titres-test pour préparer notre futur album … Si vous voulez les détails des concerts, il suffit d’aller sur notre site Internet. Il est régulièrement actualisé et les visiteurs peuvent y trouver aussi des mp3 inédits, les textes et quelques surprises… Les lecteurs n’auront plus d’excuses : ils seront obligés de venir nous voir!…


Interview – Le Papier Culture (Novembre 2002)

Propos recueillis par Le Zèbre

LZ : Qui êtes-vous?

Nous sommes D.Majiria, autrement dis : Gaëtan à la guitare, JM au chant, Patrice à la batterie et Philippe à la basse.

LZ : Comment s’est formé le groupe et quel est l’origine du nom?

Le groupe existe depuis 1998. Au départ, il y avait trois musiciens d’une autre formation : Philippe, JM et David. Quand David est parti, il a fallu trouver un nouveau guitariste puis un nouveau batteur (le premier est parti le temps qu’on trouve un nouveau guitariste). Trois, quatre mois plus tard, on avait un line-up stable qui a tourné jusqu’en 2002. L’origine du nom est un grand mystère même pour nous. Nous savons que « D.Majiria » veux dire quelque chose mais quoix

LZ : Comment décririez-vous votre musique?

Du rock énervé?.. Du rock énergique? (voire énervégiquex) Parfois on dit « Du bruit organisé?.. » C’est difficile à décrire. Tout ce que nous pouvons dire c’est que nous essayons de faire la musique que nous aimerions entendre et comme on a chacun des goûts très différentsx

LZ : Qui s’occupe de vous?

En ce moment, c’est nous qui nous occupons de tout. Jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé quelqu’un de stable et sérieux. On est assez exigeant (parfois même parano, mais ça c’est une autre histoire)

LZ : Qu’écoutez-vous?

Plein de trucs. Mais rare sont les groupes qui font l’unanimité. JM, c’est Korn, Faith no more, Soulfly, x Gaëtan : At the drive-in, Queen of the stoneage, Helmetx Patrice : POD, Deftones, Foo Fightersx Philippe : Tool, Nihil, Mass Hysteriax

LZ : Comment composez-vous?

Tout doit venir des improvisations faites à la répétition. Quand une séquence fonctionne bien à quatre, on la fait tourner plusieurs fois et on l’enregistre. Ensuite, on essaye de se faire une idée sur la fonction, l’humeur, le but de cette compo, ce qu’elle dégage… (un concept?) On se sert de cette idée comme ossature. Quand le morceau est quasi terminé, JM écrit le texte.

LZ : Quels sujets abordez-vous dans vos textes?

C’est très divers. « Tahiti Bob », par exemple, raconte l’histoire d’un dictateur idiot qui déguise son armée en clown. C’est un minable qui se venge des persécutions dont il fut la victime. « Les enfants du sang » raconte l’histoire d’un petit chef qui n’est finalement que l’esclave de sa petite bande. Il en est dépendant car sans eux, il ne serait pas chef. « Buenas tardes » raconte l’histoire d’un ivrogne, etc. Tout ça est très second degréx Un article a dit que c’est de la satire politique. C’est presque çax

LZ : Quels sont vos meilleurs souvenirs?

En général, des souvenirs de concerts. Il y a eu « La Fiesta du Rock », « La Fête de la Moto » : ambiance bikers assez « chaude » ou encore le dernier à Vinalmont. C’était le premier gros concert avec notre nouveau batteur. Nous étions assez stressés mais ça c’est hyper bien passé! On n’a jamais eu un public comme ça!

LZ : Quels sont les pires?

Toute la période de doute et de stress provoquée par les problèmes de Yannick. Il a commencé par nous planter à un concert. A l’époque, on savait pas qu’il venait d’apprendre qu’il avait un ulcère à l’xsophage et qu’il risquait même la tumeur. Yannick est un bon vivant, l’idée qu’il ne pourrait plus « faire la fête » l’a déprimé. Puis, finalement Yannick a été hospitalisé pour un cancer de l’xsophage. Quand il est revenu, il y avait énormément de tensions dans le groupe et ses désillusions n’ont rien arrangé. Finalement, Yannick nous a proposé un ultimatum et nous avons refusé. C’est dommage car c’est un chic type. On reste toujours en contact (il est venu nous soutenir à Vinalmont) et il est possible que l’on collabore dans l’avenir car il fait aussi de la musique électroniquex Un autre mauvais souvenir est celui de notre deuxième concert à « La Zone » où nous faisions l’ouverture de deux groupes de hard-core confirmés. En général, les groupes, au minimum, se saluent lorsqu’ils jouent ensemble. Là, rien! On joue notre set! Le concert se passe super bien. Puis, un des musicos du groupe qui suit vient finalement nous trouver. Ils savaient pas dire bonjour mais ont su nous demander pour leur prêter du matosx Ce qu’on a fait, bien sûr. Jusque là, il n’y a rien de grave si ce n’est qu’une partie du matos qu’on leur a prêté ne nous a jamais été rendux

LZ : Comment voyez-vous la suite?

Avec Yannick, nous avions commencé à composer pour un album. Là, avec Patrice, on vient juste de terminer le « lifting » du set et on a déjà composé un nouveau titre : « Face ». Nous continuons avec lui la composition de cet album. Et pour le mois de mars, on part dans le sud de la France. Normalement pour quatre dates. On joue le 19/03/2003 à Montpellier

LZ : Que regardez-vous à la télé? Si vous n’avez pas la télé, pourquoi?

Patrice a la télé mais n’a pas le temps de la regarder. Son truc c’est plutôt « South Park ». Philippe n’a pas le câble mais capte la chaîne nationale (RTBF) où il visionne des docs et des films. Il est aussi très fan des « Simpsons ». Gaëtan prend le câble par période. Il préfère garder une distance face à ce média. Sinon, il aime bien regarder ARTE, ça l’aide à s’endormir. JM, lui, est complètement intoxiqué mais reste lucide. Une de ses émissions fétiches est « On ne peux pas plaire à tout le monde ». Fogiel est un incompris. En réalité, c’est un gentil garçon qui veut juste qu’on réponde avec franchise à ses questions. Quand, quelqu’un répond à côté, il se permet d’insister avec le sourire. Il ne s’énerve jamais (c’est les invités qui s’énervent). Il regarde aussi des émissions d’enquêtes comme « Pièces à conviction », les films, les débats et x Star Academy… lisez « Acide.com » (qui a été écrit bien avant l’avènement Loft Story!) vous comprendrez pourquoi.

LZ : Etes-vous engagés politiquement? Pour défendre quelles idées?

Non! On fait de la musique, pas de la politique. Les textes sont dans un certain sens engagés mais de façon subtile. On n’impose rien car on ne veut pas endoctriner les gens. C’est pas notre rôle. On est tout de même intéressé par la politique mais on veut pas faire de notre groupe une tribune.

LZ : Si vous étiez un slogan publicitaire vous seriez?

Il y a une pub qui passait en Belgique mais je ne sais pas si elle passait en France. C’était pour des raviolis, je crois. Un vieil Italien quittait sa femme pour aller acheter des raviolis en boîte et sa femme courrait après le train en criant « Léon, Léon! J’ai les mêmes à la maison ». Quel est le rapport me direz-vous? Et bien pour le métal en France et en Belgique, c’est pareil. Ca sert à rien d’aller le chercher ailleurs (les Etats-Unis, par exemple) alors qu’il y en a du tout aussi bon ici… On n’a rien du tout contre les Etats-Unis (au contrairex de libertéx) mais ce réflexe d’aller toujours voir ailleurs est énervantx C’est ça! C’est ce réflexe qui énerve! Si le public n’avait plus ce réflexe conditionné, notre metal aurait peut-être un peu plus de moyens car, au fond, c’est un peu ça qui manque. Un « talent » mal emballé se vend moins bien qu’un « médiocre » avec un super emballage non?


Interview – MetalQuébec (Septembre 2002)

Propos recueillis par Annie Fournier

Entrevue avec la formation belge D.Majiria, un projet Metal au style varié. Le groupe, en effet, ne s’inscrit pas au sein d’un courant musical spécifique, tels ces projets divers se revendiquant d’une allégance à un sous-mouvement Metal ou un autre, mais incorpore diverses influences afin de modeler son propre son, avec un résultat intéressant. Nous avons contacté le groupe, afin de savoir quelle sera la suite au mini-album Acide.com, et ce que les gars nous réservent pour l’avenir.

AF : Tout d’abord, peux-tu nous renseigner un peu sur la scène en Belgique d’où vous provenez, est-elle en santé ?

Notre petit pays est coupé en 4 ! La Flandre, la Wallonie, les cantons de l’est et Bruxelles. Seul la Wallonie et Bruxelles sont francophones. La scène francophone s’oriente principalement vers la pop-rock et une scène plus alternative où une multitude de jeunes groupes évoluent dans des styles allant du métal au ska. Les structures manquent cruellement pour pouvoir se produire et se faire connaître. Très peu de salles de concerts et beaucoup de cafés-concerts pour les plus chanceux. En Flandre, une scène métal existe mais n’innove pas beaucoup. C’est principalement du death et du hard-core. Pour tout dire, nous nous sentons un peu marginaux par rapport à la scène belge.

AF : Est-ce difficile de chanter en français en Belgique pour un groupe Metal ?

Difficile non ! C’est notre langue maternelle? 🙂 Le public francophone, en général, n’entend pas trop la différence. Les textes s’orientent vers des sonorités anglophones. Nous avons déjà eu l’occasion de jouer devant un public néerlandophone et il était plus que réceptif et parfois moins surpris de nous voir utiliser le français que certains Wallons.

AF : Quelles sont les influences principales de D.Majiria, une critique en particulier mentionnait Tool, Alice in Chains et Pantera, ces comparaisons sont-elles exactes ?

Ce sont des « grands frères » mais on ne veut pas s’en inspirer. Chacun d’entre nous arrive avec son bagage musical ce qui nous permet de mélanger tout puis partir vers un trip plus personnel.

AF : Est-ce que la réponse à votre album Acide.com a été satisfaisante, tant au niveau des ventes, de l’accueil du public et de la presse ?

Nous sommes assez satisfaits. Les commentaires et l’accueil du public sont souvent positifs. Le seul souci d’ « Acide.com », c’est qu’il n’est pas totalement représentatif de ce que l’on peut donner sur scène. L’EP a été enregistré et mixé en trois jours. Ce fut une bonne expérience car nous voulions maîtriser toutes les étapes de la conception du disque. Les prochains enregistrements devraient être plus aboutis. On prendra le temps nécessaire pour produire « l’album idéal ».

AF : Avec quelles formations les membres actuels de D.Majiria ont-ils joué avant de se joindre au groupe ? Jouez-vous encore dans d’autres projets que D.Majiria ?

Une partie du groupe provient d' »Arkham Meha » qui marchait pas mal jusqu’au split en 1997. « Dust », « Timber » et encore maintenant « Defuse » sont des formations dans lesquelles nous avons joué.

AF : Avec quels groupes aimeriez-vous vous produire en spectacle ?

Certains sont hypothétiques, d’autres se réaliseront peut-être bientôt. On se verrait bien avec des groupes comme « Lofofora », « Soulfly », « Korn », « Mass Hysteria », « Pleymo » ? On est assez divisés au niveau de nos goûts, peu de groupes font l’unanimité, et lorsqu’un groupe nous plaît tous les quatre, c’est pas le même album?

AF : Comptez-vous intégrer des nouveaux genres musicaux dans les prochains albums ?

Nous n’avons pas l’habitude de planifier notre travail. Nous fonctionnons principalement à l’instinct. Au départ, nos compos sont des improvisations (que nous retravaillons). Donc, tout est possible ! Notre musique évolue en fonction de notre vécu.

AF : Quels sont les thèmes principaux abordés au sein de D.Majiria ?

C’est, la plupart du temps, un constat, fataliste dirons certains, de notre société. On n’est pas des donneurs de leçons. On constate, c’est tout. C’est à chacun de prendre ses responsabilités. Certains textes comme « Acide.com » dépeignent une jeunesse, dite intello, qui dénigre les sitcoms alors que leur réalité est bien pire? sous acide. « Buenas tardes » parle de l’alcoolisme, « Bombardier » de la phobie des avions? L’idée c’est aussi de prendre le contre-pied de certaines idées reçues, d’aller à l’encontre d’une forme de manichéisme. La vérité ne se trouve pas toujours dans le même camp.

AF : Comment qualifiez-vous votre genre de musique ?

Expressive. Energique. Réfléchie.

AF : Quels sont vos objectifs pour l?année à venir ?

Depuis avril, nous vivions un peu au ralentit, depuis le départ de notre ancien batteur. Heureusement, nous en avons trouvé un nouveau avec lequel on travaille depuis un mois à la refonte du set. On recommence la saison théoriquement mi-septembre. L’objectif est bien entendu de tourner le plus possible. On va reprendre aussi avec lui la composition du prochain album. La moitié des compos ont été travaillées avec notre ancien batteur. Reste à se mettre d’accord sur le studio dans lequel on va enregistrer.

AF : Connaissez-vous quelques groupes originaires du Québec ?

En ce moment, pour se mettre dans l’ambiance, on écoute « Tractor ». Nous connaissons aussi « Guano », qui ont tournés un peu chez nous. « Grimskunk » sont aussi parvenus à nos oreilles et les radios nationales nous abreuvent de « Nickelback ». Il est évident que l’on ne demande pas mieux de découvrir de nouveaux groupes québécois?

AF : Merci pour l’entrevue, bonne chance avec D.Majiria !

Merci à toi.

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